Cette période Magique de l’année…

Le carnaval étant, dans tous les pays de la terre qui célèbrent cette estimable institution, une époque de liberté où les plus sévères se laissent entraîner à quelque acte de folie.

Alexandre Dumas «Le Comte de Monte-Cristo»



 

Venise est splendide toute l’année, mais elle est exceptionnellement magnifique pendant son carnaval ! C’est le temps de la musique et du rire, de la danse et des sourires, de la fête et des compétitions. Pendant ces dix-huit jours, avec tous ses canaux et ses ruelles, ses places et ses ponts, ses gondolières, Venise devient une scène grandiose pour accueillir le plus grand carnaval du monde. L’imagination sans frontières, les costumes extraordinaires, les nuits blanches, la joie et les masques, les masques, les masques…

Dans les documents, le carnaval fut mentionné pour la première fois en 1094. Mais les racines du carnaval de Venise remontent au Moyen Âge. Et l’apothéose arrive au XVIIIe siècle quand les personnages de la comédie italienne : Arlequin, Pierrot, Pantalone et Colombina deviennent les visages officiels de la fête. D’ailleurs, de là viennent ces masques de toutes les couleurs, qui définissent le caractère des personnages. Les costumes, eux, font concurrences aux œuvres de la haute couture.

 

Quelques costumes:

Il n’y a pas d’avis unique sur l’apparition du masque. Une des sources mentionne une fête moyenâgeuse de la fin des récoltes et la célébration du dieu Saturne (dieu des récoltes et de l’agriculture). Pendant cette fête, les esclaves avaient la permission de s’asseoir aux mêmes tables que leurs maitres. Et, pour éviter les préjugés de classe, tout le monde portait un masque.

Il est possible que le carnaval soit devenu annuel en 1162, après la victoire importante de la “Repubblica della Serenissima” (le nom de Venise à l’époque) dans la guère contre Ulrico (patriarche de l’Aquilée). Tout le monde est sorti dans les rues et a commencé à danser sur la place Saint-Marc (San Marco). Le port du costume permettait une liberté inconnue, les individus pouvaient transgresser certaines règles sans se faire reconnaître.

Quant à moi, mon arrivée à Venise pour la première fois fut absolument spontanée, comme la plupart des événements dans ma vie. J’avais quelques jours de libre, j’ai pris alors une robe de princesse (oui, les petites robes noires sont facilement trouvables partout, mais ce n’est pas évident de trouver une robe royale quand on en a besoin), et Venise, me voilà !

Il est impossible de décrire toute la féerie du carnaval. C’est justement le cas : vu une fois, cru cent fois. Peu de gens savent qu’il y a deux carnavals à Venise. Celui d’extérieur, qui attire chaque année autant de touristes, tout le monde peut y participer. Et un autre, très réservé et privé. Dans les nombreux palaces de Venise se passent les bals masqués et les soirées privées. L’entrée est strictement sur invitation avec les tenues thématiques obligatoires. La participation est assez chère, mais cela vaut absolument le coup. Des plats délicieux et des boissons sont proposés à volonté. Les musiciens et les danseurs, les spectacles et les compétitions amusent les invitées toute la nuit. Outre le fait que les événements se passent dans des palaces privées, la décoration est elle digne de certains musées.

J’ai eu la chance de participer dans plusieurs soirées privées. La toute première s’est passée au Palazzo Gradenigo.

Lecture des lignes de la main

La nuit suivante, nous sommes passés dans un autre palace privé en soirée à thème « La route de la soie ».

Et puis, avec grand plaisir, je fus invitée à une soirée « Le Mariage de Sultan » à hôtel Monaco, qui était privatisé pour l’occasion.

Entre les nuits blanches de Venise, les participants costumés se retrouvent au café Florian – un des cafés le plus vieux de Venise.

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