Midburn : La liberté d’être différent

Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part...

Antoine de Saint-Exupéry «Le petit prince»



 

Une fois par an pendant une semaine, une ville dédiée à l’art éphémère et à la fête se crée dans le désert Negev en Israel. Cette ville disparait sans trace à la fin du festival Midburn. (Midburn allie les mots « midbar » (désert en hébreu) et « burn » (brûler en anglais). Ici personne ne doit être un simple spectateur. Les citoyens de cette ville éphémère sont les participants. Des milliers de personnes participent à une semaine de création communautaire, d’art et d’expression extrême.

“Phoenix”

“Temple”

Toute l’idéologie du festival (comme celui du Burning Man) repose sur la participation, la contribution l’expression de soi et l’échange. Ce sont les festivaliers qui proposent le contenu du Midburn en créant des camps à thème. Musique, danse, espaces familiaux, espaces de détente, yoga, etc… Chacun peut créer un camp selon sa propre vision.

La vie dans la Ville n’est pas toujours facile. Les journées sont très chaudes dans le désert, et les nuits sont froides. Le vent jette dans les yeux des participants la poussière et le sable brûlant. Pour y vivre, il faut tout apporter : de l’eau, de la nourriture et des générateurs, des vêtements, de la protection solaire, et tout pour installer des maisons temporaires dans des camps. Pas un sou ne circule à Midburn, il est donc impossible d’acheter quelque chose sur place.

Malgré les conditions brutales, le festival donne l’impression d’être sur une autre planète. La planète où habitent les gens heureux et généreux, avec les libre-pensées et sans frontières.

Photo: Raphaël Pincas
Santé!
Photo: Raphaël Pincas

C’est une manière de faire un redémarrage complet, se décrocher de la vie et des habitudes quotidiennes, de vivre une expérience de vie en communauté, d’art, d’expression de soi et d’autonomie.

 

Il se passe toujours quelque chose dans la Ville. En participant dans un évènement, on loupe plusieurs autres qui se passent en même temps dans les autres camps à thème qui offrent absolument tout : musique, boissons, danses, ateliers divers ou juste communication avec les gens des tous les coins du monde. Chaque participant vêtu des costumes les plus étranges est donc acteur du projet à part entière. Ici tout le monde s’improvise architecte, peintre, dessinateur, sculpteur, interprète, ingénieur…

Photo: Raphaël Pincas
Photo: Raphaël Pincas

Et la nuit la Ville s’éclaire de milliers de feux et le désert se transforme en scène psychédélique de lumière et de musique.

Au programme des derniers jours il y a une cérémonie où plusieurs installations improbables sont livrées au feu. Cette cérémonie de feu avec danse et tambours est une partie importante de cet événement alternatif. Le clou du spectacle est une combustion de la statue géante – le symbole du festival (D’où l’idée de “Burning Man”). Le symbole de Midburn etait une statue d’un homme et une femme qui dansaient ensemble.

J’ai eu la chance d’aller à Midburn en 2015. Mais en écrivant cet article, j’ai vécu à nouveau toutes les émotions. C’était comme si j’étais retournée dans ce paradis sous les étoiles du Negev.

Photo: Ilanit Turgeman

 

Midburn 2015

Prête pour revenir dans la civilisation

Drone view/ Photo: Moran Itzckovich

Voici un VIDEO pour mieux sentir de l’atmosphère du festival.

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