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La vie pendant le temps historique

Si cette situation du COVID-19 m’a appris quelque chose, c’est que si la fin du monde arrive un jour, nous allons tous simplement échanger des images drôles à ce sujet jusqu’à ce qu’elle nous tue.

Epidémie ! Pandémie ! Nous allons tous mourir ! – le début de 2020 année promettait d’être intéressant. Nous étions certains que cela n’allait pas nous affecter. La Chine et bien loin de l’Europe! Et soudainement l’Italie a fermé ses frontières. Complètement. «Eh bien, fermé et alors?», j’ai eu la visière courte et j’ai acheté les billets pour Vienne pour fin mars. Avec Mes amis nous avons décidé d’organiser un antiréhab dans les pubs autrichiens et slovaques, et puis de plonger dans les eaux curatives de spa en Budapest. Mais ensuite la Slovaquie a été fermée, suivie de l’Autriche et de la Hongrie … Lors de notre prochain appel, nous avons tristement résumé: “Notre antiréhab est tombé à l’eau… Maintenant nous ne pouvons que boire une bière ensemble par le videochat”.

Entre-temps, la France a commencé à se préparer activement à la prochaine Apocalypse. “Les joies” associées à la pandémie ont apparu sur tous les réseaux sociaux: statistiques de décès, ampleur de l’infection, photos avec des cercueils et autres horreurs. Et cerise sur le gâteau: la publication des théories du complot et des révélations divertissantes. Les gens se sont divisés en deux camps: «nous allons tous mourir» et «le coronavirus n’existe pas». La folie a pris l’ampleur d’une vrai guère. Les gens ont devenu complètement fous. Ils ont passé leur temps a insulter et bloquer tous qui avait l’avis opposé. Même moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’en bloquer quelques-uns particulièrement inadéquates.

Le 16 mars 2020, toutes les écoles et les jardins d’enfants, les restaurants, les musées et autres entreprises non stratégiques ont officiellement fermé en France. Même ma salle de sport – le seul rempart de stabilité dans ce monde, qui n’a jamais été fermée, continuant à travailler même au Nouvel An et le 1er mai – a fermé ses portes ce jour-là “jusqu’à nouvel ordre”. Seules les pharmacies et les supermarchés sont restés ouverts.

Alors que l’ensemble de l’Internet francophone bavardait sur une éventuelle mise en quarantaine, le confinement et de la mise en place de couvre-feux, les gens se sont précipités aux magasins pour acheter le plus nécessaire. À en juger par les achats qui dépassent de tous les chariots dans les supermarchés, les plus nécessaires étaient les pâtes et, pour une raison quelconque, le papier toilette. Eh bien, les pâtes, le sarrasin et les conserves – ça se comprend, ils sont sur la liste de tous les survivants. Mais pourquoi les gens avaient-ils besoin d’autant de papier toilette reste un mystère pour moi. Cependant, quelques versions ont émergé dans mon cerveau : soit les gens se chient dessus en masse à cause de la peur d’un virus aussi dangereux, soit Pornhab y mit la main, en donnant l’accès gratuit pour tous les pays en quarantaine. Pour ainsi dire, prenez-en autant que vous voulez, mais surtout ne quittez pas la maison. En tout cas, cet achat massif de papier toilette en 2020 sera inscrit dans les annales de l’histoire mondiale. Je dois dire que moi aussi j’ai succombé à l’hystérie de masse et j’ai acheté quelques paquets de paracétamol, de litière pour chat et quelques bouteilles de vin. Sur ce point, j’ai considéré que ma préparation pour l’Apocalypse était terminée.

Ce n’est pas le genre d’apocalypse que j’attendais! Pas de zombies, pas de services spéciaux en combinaison avec des badges de danger biologique, pas d’armée à tous les coins de rue. Même pas une petite rupture de connexion internet! Cette dernière, par contre, a pu arriver a un moment, car tous ceux qui étaient en confinement volontaire se sont précipités simultanément sur Netflix et toutes sortes de réseaux sociaux. La surcharge était inévitable. Personnellement, j’ai fait une longue liste de films sur des pandémies, des apocalypses, des invasions de zombies et des catastrophes environnementales. J’ai également fait la liste de tout ce que je pourrais apprendre si nous nous trouvions confinés.
Le confinement ne tarda pas à venir. Le soir même, le président français en répétant sans cesse “nous sommes en guerre, mes frères”, a officiellement déclaré une quarantaine générale et l’état d’urgence. Nous nous sommes tous enfermés dans nos maisons. Il est devenu illégal d’errer dans les rues sans raison valable, et même lourd d’amendes et de censure publique. En tout cas, on pouvait sortir en présence d’une attestation, que chacun pouvait rédiger lui-même. Il fallait juste télécharger et en remplir un formulaire officiel sur le site Web du gouvernement. Quitter le lieu de confinement était autoriser, par exemple pour aller à l’épicerie, ou à la pharmacie, ou aller chez un médecin ou travailler (avec une attestation de l’employer, indiquant que le télétravail n’était possible). Le déplacement était aussi autorisé pour aider aux personnes âgées et vulnérables, pour sortir faire les exercices à l’extérieur, promener son animal de compagnie, ou bien, si besoin – juste sortir pour prendre l’air. Je ne comprends pas comment, avec autant de raisons légales de quitter la maison, les gens ont réussi à obtenir des amendes.

Alors, l’expérience sociale de traitement de la dépendance à Internet par overdose a commencé. J’ai imaginé que dans quelques jours, quand ne pourrai plus rester entre quatre murs, je traverserai les rues en cachette! J’esquiverai les postes de contrôle sur mon chemin pour rencontrer des amis! J’ai tourné en rond dans l’appartement en essayent de commencer à faire les choses de ma deuxième liste. Mais sans succès. Les gens se sont massivement lancés dans le sport – j’avais l’impression que la moitié de parisiens ait décidé d’utiliser la quarantaine afin de bien se préparer à un marathon. À ma plus grande déception, les Parisiens, pour la plupart, ont vu la quarantaine comme des vacances et ils sont tous sortis sur les quais et dans les parcs. En plus il a commencé à faire beau. Quant à moi, je n’ai pas quitté la maison inutilement. Je me suis enfin mis dans les études, en essayant de les combiner avec mes projets, pour lequel je n’ai jamais eu le temps. Dans le même temps, j’ai teint mes cheveux en vert.

Une semaine est donc passée inaperçue. Puis à sa fin, le gouvernement a annoncé une interdiction officielle des promenades dans les parcs et sur les quais. À propos, l’accès à ce dernier était visuellement bloqué par du ruban rouge et blanc avec les affiches promettantes des punitions au cas de non-respect. Les activités sportives et, en fait, les promenades elles-mêmes se sont limitées à un rayon de 1 km autour de la maison et pas plus d’une heure. Dans l’autorisation de déplacement est apparue une nouvelle case: l’heure de sortie, pour que cette heure, une fois indiquée, puisse être suivie. Le nombre de personnes dans les rues a sensiblement diminué ainsi que le stock de vin dans les magasins. Les gens ont passés à apéro continue. Quant à moi, dans mes réflexions sur la fin du monde, j’ai sérieusement pensé à regarder quelques vidéos éducatives sur la cultivation les légumes. Ou du moins appeler ma mère, c’est une jardinière amatrice-professionnelle. Puis j’ai pensé, si j’ai vraiment un jardin, et que l’Apocalypse cinématographique arrive, je devrai probablement acheter un fusil… Et puis je me suis calmé, je ne pourrai pas avoir de jardin, car j’ai le don de tuer n’importe quelle plante avec juste une touche. Même les cactus n’ont pas survécu. Quoique… Si les plantes monstres nous attaquent, c’est là où l’humanité aura besoin de moi! En même temps, avec mes copines, on a formé un chat groupé où tout le monde échangeait des informations sur la situation dans leur quartier, après chaque sortie “dehors”.

Ma vie sociale est devenue encore plus active qu’avant la quarantaine. Mes amis ont pris l’habitude d’appeler le matin pour savoir si j’étais en vie. Les soirées en ligne dans Zoom, les vidéoconférences constantes, les jeux ou simplement les online-bars sont devenus notre passe-temps préféré. Les réseaux ont devenu une espace de la folie en masse. Les uns ont ouvertement annoncé le non-respect de la quarantaine, postant des photos provocantes de promenades, les autres criant “meurtriers !!!” ont déclaré la guerre aux premières sur internet et restaient enfermés chez eux au max, ne sortant même pas sur leur balcon. Les réseaux sociaux faisaient les titres des journaux, les uns plus absurdes que les autres: “L’internet va s’éteindre d’ici une demi-heure!” “Dehors tout le monde risque une amende si on sort juste pour acheter une Coca, car ceci n’est pas le produit de la première nécessité!” “Les micropuces seront imposées a toute la population afin de contrôler les sorties!” – bref, la liste des conneries est trop longue…

Ma vie sociale est devenue encore plus active qu’avant la quarantaine. Mes amis ont pris l’habitude d’appeler le matin pour savoir si j’étais en vie. Les soirées en ligne dans Zoom, les vidéoconférences constantes, les jeux ou simplement les online-bars sont devenus notre passe-temps préféré. Les réseaux ont devenu une espace de la folie en masse. Les uns ont ouvertement annoncé le non-respect de la quarantaine, postant des photos provocantes de promenades, les autres criant “meurtriers !!!” ont déclaré la guerre aux premières sur internet et restaient enfermés chez eux au max, ne sortant même pas sur leur balcon. Les réseaux sociaux faisaient les titres des journaux, les uns plus absurdes que les autres: “L’internet va s’éteindre d’ici une demi-heure!” “Dehors tout le monde risque une amende si on sort juste pour acheter une Coca, car ceci n’est pas le produit de la première nécessité!” “Les micropuces seront imposées a toute la population afin de contrôler les sorties!” – bref, la liste des conneries est trop longue…
Le 21ème jour, ma sociopathie s’est épanouie violemment et j’ai entièrement perdu toute envie de quitter la maison. J’avais encore moins envie d’entrer en contact avec le monde extérieur. J’ai uniquement fait des brèves sorties pour la course à pied du matin. Parfois (mais très rarement) je sortais en contrebande en vélo, pour joindre les amis. Pendant ce temps, la mairie de Paris a décidé qu’il y soudainement trop “des athlètes” dans les rues de Paris et a imposé des restrictions aux activités sportives, interdisant le sport de 10 à 19 heures. Pour moi personnellement, cela n’a rien changé, puisque je cours tôt le matin. Mais cela a augmenté la densité de coureurs par mètre carré dans les heures autorisées. Selon des témoins, le soir, les rues étaient encore plus remplies par les «sportifs». Cependant, le soir, j’étais allongé avec mon chat dans un hamac. De cette position, j’ai admiré de la vue sur la tour Eiffel, siroté du vin et regardé des films. Donc les athlètes du soir ne me dérangeaient en rien. Pendant ce temps, la Russie s’est mise en quarantaine …

À un moment on avait l’impression que tout le monde vivait à Las Vegas. Presque personne ne travaille, les gens perdent de l’argent, tout le monde picole, quelle que soit l’heure, et personne ne sait quel jour de la semaine on est aujourd’hui. Le temps pour moi passait à la vitesse du son. Soit il s’agit de désorganisation, soit d’un emploi exceptionnellement chargé, mais mes jours ont commencé à disparaître. Autrement dit, hier, il semblait que c’était mardi, mais aujourd’hui, c’est vendredi – mystère, pas de doute!

Le 29e jour du confinement, le président français a annoncé une date approximative de la sortie de quarantaine, la prolongeant officiellement d’un mois. Les jours, quant à eux, se sont transformés en un solide jour sans fin: le matin – le jogging, l’après-midi – le travail, le soir – le bar en ligne dans Zoom. L’espace autour de l’ordinateur a commencé à ressembler à un studio professionnel, avec des microphones cravate, un éclairage approprié et un beau arrière-plan. Le seul événement notable au cours de cette période a été la violation du régime de quarantaine par moi et quelques autres amis qui ont fait un parcours de combattant pour arriver à l’autre bout de la ville pour un anniversaire d’un ami. Pendant ce temps, cette quarantaine a commencé à faucher nos rangs plus vite que le coronavirus! Même des copines qui ne boivent pas ont commencé à apparaître de plus en plus souvent dans les carrés de la conférence avec des verres de vin et toutes sortes de apéritifs. Au 37e jour de l’isolement, lors d’une vidéoconférence avec mes amis, j’ai gagné une compétition d’alcoolisme. J’ai subi un traumatisme mental (avec une crise aiguë de procrastination) et pas très compatible avec la vie. Et, en conséquence, j’a complètement renoncé au vin.

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Le temps était magnifique et il est devenu totalement impossible de rester enfermé. Une semaine avant la fin officielle de la quarantaine, les gens ont commencé à sortir. Les voisins ont commencé à faire la fête.

Le 11 mai 2020, la France a annoncé la fin de la quarantaine, qui a duré pas moins de 55 jours. Pendant cette période, j’ai littérairement communiqué avec plus grand nombre de personnes que dans la vie réelle pendant toute l’année dernière! Les écoles ont autorisé les cours pour les petits groupes. Le travail était repris, tout en privilégiant le télétravail (si possible). Les autorisations de déplacement n’étaient plus obligatoires. Contrairement aux masques. En gros, à part dans le transport, il n’existe aucune obligation législative de porter des masques. Recommandations uniquement. Des salons de beauté et de coiffure se sont finalement ouverts. Et les fils d’attente infinis se sont immédiatement apparus devant. Je soupçonne que si la quarantaine aurait duré un peu plus longtemps, on aurait vu des choses pires que le coronavirus. Toutes sortes d’événement publiques sont autorisé mais avec la limite de 10 personnes. Les restaurants se sont rapidement transformés à proposer des plats à emporter. Les gymnases, les piscines, les musées et les théâtres sont restés fermés. Et pour une raison quelconque, les parcs restent fermés aussi…

À partir du 2 juin 2020, la vie reprend progressivement son cours normal, compte tenu des nouvelles règles. Les parcs sont ouverts. Il n’y a plus de contrôle sur le nombre des gens par mètre carré. Les restaurants et les cafés ont occupé tous les trottoirs, plaçant des tables à une distance d’un mètre. J’attends avec impatience l’ouverture des frontières! Petit à petit, le monde redevient le même. En revanche, j’espère qu’on va garder la distanciation sociale à vie.

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